PrésentationPolitique et actionLe CIMerRessourcesForum des garde-côtes de l’Atlantique Nord (NACGF) |
Protection de l’environnement
Exploitation des ressources non-halieutiquesExploitation des ressources énergétiques et minérales de la mer ÉnergieLa mer est un milieu riche en énergie, exploitable sous diverses formes :
L’énergie de la mer est renouvelable et son exploitation, une fois les dispositifs nécessaires mis en place, ne génère ni déchets ni gaz à effet de serre. L’énergie de la mer contribue à l’atteinte des objectifs de la politique énergétique nationale en matière de développement des énergies renouvelables. Elle est disponible en quantités très importantes : l’énergie totale consommée par l’humanité correspond à 1% de l’énergie thermique véhiculée par le Gulf Stream. Cette énergie est cependant généralement très « diluée » et son exploitation nécessite soit des sites de taille importante, soit de profiter de la concentration naturelle de certains phénomènes par la topographie des lieux. Capter cette énergie, la convertir (en électricité, ou peut-être à terme en hydrogène) et l’acheminer constituent des défis que la technologie actuelle permet de relever. L’éolien, déjà mature à terre, se développe désormais en mer et offre des perspectives prometteuses, mais les techniques actuellement disponibles ne permettent pas l’implantation des parcs éoliens très loin des côtes. L’exploitation de cette source d’énergie en mer doit se faire en veillant aux autres usages de la mer et à la protection des paysages naturels côtiers et d’écosystèmes complexes et fragiles, voire fragilisés par la pollution ou la surexploitation. A l’issue d’une procédure d’appel d’offres, le ministre délégué à l’Industrie a délivré en septembre 2005 son autorisation d’exploiter à un projet éolien en mer situé sur la Côte d’Albâtre au large de Veulettes sur mer, pour une puissance de 105 MW. Sa construction nécessitera un permis de construire soumis à enquête publique. Les premiers MWh pourraient être produits en 2007. Ils seront rachetés à un tarif garanti. Pour plus d’informations sur l’éolien en mer, voir aussi : La documentation française Les deux autres formes de production d’électricité à partir des énergies renouvelables en mer en sont encore au stade de la recherche et du développement (R&D). 1) L’énergie hydrolienne est extraite des courants marins : les capteurs sont des « éoliennes inversées », dont les rotors ont des dimensions beaucoup moins importantes que les éoliennes . Ces hydroliennes sont potentiellement efficaces dans les zones de courants importants ; la France, où les courants de marée peuvent atteindre plusieurs nœuds (notamment sur les côtes de la Manche), dispose dans ce domaine d’un des meilleurs potentiels au monde. L’exploitation de cette énergie repose sur des techniques éprouvées (hydraulique) qu’il faudra toutefois adapter au milieu marin, et pourrait être développée dans des délais réduits (quelques années). Plusieurs sociétés françaises ont lancé des études dans ce domaine, notamment E.D.F. 2) Les ressources françaises en énergie houlomotrice (énergie des vagues et de la houle) sont potentiellement très importantes ; la technologie pour capter cette énergie loin de la côte (minimisant ainsi les impacts sur l’environnement et les conflits d’usage) repose là aussi sur des principes connus mais à adapter. Ces trois sources d’énergie (éolienne, hydrolienne, houlomotrice) pourraient à moyen terme apporter une partie appréciable de l’énergie renouvelable produite en France, sous réserve que les coûts de production décroissent fortement. Une gestion rationnelle de l’espace, respectueuse des autres usages de la mer, permettra d’assurer le développement durable de la filière énergétique maritime. A la suite du C.I.A.D.T. littoral du 14 septembre 2004, une étude est en cours sous le pilotage de l’A.D.E.M.E. pour identifier sur chaque façade maritime métropolitaine, les zones a priori favorables à l’implantation d’installations de production d’énergies renouvelables d’origine marine en croisant notamment les contraintes environnementales, de servitudes, d’usages, d’accès au réseau électrique, paysagères avec les considérations géographiques et techniques. Matériaux marinsLes besoins en granulats, notamment pour la construction et le BTP, demeurent à peu près constants (de l’ordre de 400 millions de tonnes par an), alors que les ressources terrestres accessibles s’épuisent ; c’est notamment le cas autour de certaines grandes métropoles. L’Ile de France sera ainsi très prochainement déficitaire, en particulier en granulats alluvionnaires (sables siliceux) nécessaires pour la confection de bétons à haute résistance, et envisage de se tourner vers la mer : à l’embouchure des fleuves, et notamment en Manche à l’embouchure de la Seine et au large, existent en effet des réserves très importantes de granulats, qu’il serait possible d’extraire en mer et d’acheminer par voie fluviale jusqu’aux lieux de consommation, évitant ainsi les inconvénients croissants, en termes de sécurité et de pollution, associés au transport terrestre. Cependant, afin de maîtriser les conséquences dues à l’extraction de granulats marins sur l’environnement comme sur les activités qui dépendent directement des écosystèmes marins (pêche) , une approche stratégique est nécessaire avant de permettre le développement contrôlé de cette activité. PétroleLes recherches conduites jusqu’à ce jour n’ont pas permis de découvrir des gisements exploitables sur le plateau continental sous juridiction française. Néanmoins l’exploration se poursuit. Elle conduit parfois à forer des puits lorsque des méthodes d’investigation plus légères (campagne d’acquisition de données sismiques, sorte d’échographie du sous-sol) laissent supposer la présence d’accumulation d’hydrocarbures importantes. Au 31 décembre 2005, la superficie couverte par les permis de recherche marins, tant au large de la Métropole que des DOM-TOM, atteignait près de 115 000 km², et plusieurs demandes de permis sont actuellement étudiées par l’Administration. Une autorisation de prospections préalables autour de l’île de Juan de Nova, dans le canal du Mozambique, a été attribuée en mai 2005. On note d’ailleurs en 2005 une forte activité de sismique réflexion, principalement outre-mer, avec l’enregistrement de trois campagnes sur des permis exclusifs de recherches et une (terminée en janvier 2006) sur une autorisation de prospections préalables (APP). Soulignons qu’avec au total environ 4,5 mois-équipe, il s’agit de la plus importante activité de sismique marine depuis de nombreuses années. Les prix actuels du pétrole et les difficultés croissantes de renouvellement des réserves en dehors des pays de l’OPEP donne un nouvel intérêt au domaine minier français en mer. Le potentiel pétrolier et gazier du plateau continental français, notamment au large des DOM et TOM, reste à évaluer. L’Administration met à la disposition des compagnies internationales potentiellement intéressées les données existantes et encadre rigoureusement les éventuels travaux de recherche (notamment les échographies du sous sol). De plus, la France a la possibilité de déposer, d’ici mai 2009, devant la Commission du Plateau continental des Nations Unies, un dossier technique qui pourra permettre d’étendre la superficie des zones marines sous juridiction française et donc peut-être des zones susceptibles de receler des hydrocarbures. Au large des côtes de la métropole : Historiquement, la première zone à avoir été explorée est le Golfe de Gascogne, où environ vingt-cinq puits ont été forés au total. Le Golfe de Gascogne n’est pas délaissé par les compagnies, une campagne d’acquisition de données sismiques s’est déroulée au cours du dernier trimestre 2005 dans le cadre d’un permis de recherches (campagnes enregistrées par Vermilion Rep en 2D et 3D sur le permis d’Aquitaine Maritime), et trois demandes de permis sont en cours d’instruction. Au large de la Bretagne, la « Mer d’Iroise » a connu un récent regain d’intérêt (à partir de 1998-1999) avec l’attribution de deux permis à une compagnie canadienne (Ranger Oil, devenue CNR : Canadian Natural Resources), qui a foré en 2003 un puits d’exploration (Polkerris 1), dont le résultat a été négatif. Enfin, en Méditerranée, un grand permis a été attribué en 2002 dans le Golfe du Lion, dans un contexte très différent de celui dans lequel, dans les années soixante à quatre-vingt, ont été forés les premiers puits d’exploration. Ce permis fait actuellement l’objet d’une demande de prolongation en seconde période de validité. Hors métropole : Il existe au large de certains territoires et départements d’outre-mer des bassins sédimentaires dont plusieurs ont récemment suscité l’intérêt de compagnies pétrolières. Si certaines zones avaient déjà fait l’objet de quelques travaux d’exploration dans les années soixante à quatre-vingt, d’autres sont totalement inexplorées. Une partie importante des zones marines sous juridiction française correspond à ce qui est considéré comme de l’offshore profond ou très profond, et l’intérêt des compagnies pour ces zones s’inscrit dans la tendance récente à aller explorer, grâce à l’évolution des techniques et aux progrès dans la connaissance géologique, sous des profondeurs d’eau de plus en plus grandes (rappelons qu’on est actuellement capable d’exploiter un gisement par 2000 m de profondeur d’eau). Dès 1998 des permis de recherches ont été attribués : Après l’attribution d’un premier permis en 1998 à Gulf Canada (devenue ensuite Conoco Canada, associée à Exxon-Mobil) au large de Saint Pierre et Miquelon, un permis a été attribué en 2001 au large de la Guyane à une compagnie britannique, puis un autre en 2004 à une compagnie américaine au large de la Martinique. La superficie des permis dans les zones marines des DOM-TOM dépassait ainsi, au 31 décembre 2005, 90 000 km². Il faut mentionner en outre l’existence de deux demandes de permis (l’une au large de Saint Pierre et Miquelon, l’autre au large de la Guadeloupe).
Depuis de nombreuses données ont été acquises : L’année 2001 a été marquée par la réalisation d’un puits d’exploration sur le permis de Saint Pierre et Miquelon, dont le résultat négatif n’a pas conduit le titulaire à abandonner son permis. Son intérêt doit en effet être apprécié dans un contexte régional, d’autres permis existant dans les eaux canadiennes, où les travaux d’exploration ont repris récemment. Une campagne d’acquisition de données sismiques (campagne enregistrée par Conoco Phillips en 3D) s’est d’ailleurs déroulée au mois d’août de cette année sur les permis détenus par la même société à la fois sur le plateau continental canadien et sur le plateau continental français et des forages sont prévus côté canadien mais à proximité de la ZEE française d’ici 2007. En 2002-2003, le fait marquant a été l’enregistrement sur le permis de Guyane Maritime d’une importante campagne sismique. Fin 2005, le titulaire du permis a conduit deux nouvelles campagnes d’acquisition de données sismiques (campagnes enregistrées par Hardman Resources en 2D et 3D) ; il devrait finalement procéder au forage d’un premier puits en 2006. Sur le permis de Caravelle au large de la Martinique, une campagne sismique devrait se dérouler en 2006. En mai 2005 une autorisation de prospections préalables a été accordée autour de l’île de Juan de Nova qui fait partie des Iles Eparses (petites îles sous juridiction française situées au large de Madagascar, dans le Canal du Mozambique). Une campagne d’acquisition de données sismiques, qui concerne aussi le plateau continental malgache, s’est déroulée au dernier trimestre de cette année (campagne 2D non exclusive enregistrée par TGS NOPEC). Cette région suscite actuellement l’intérêt de plusieurs compagnies qui ont obtenu des permis à Madagascar et au Mozambique. 25 novembre 2010
|