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L’action de l’Etat en mer
Action de l’Etat contre les rejets illicites en mer (pollutions volontaires)Les pollutions accidentelles causées par les naufrages des pétroliers Erika (1999) et Prestige (2002) ont profondément marqué l’opinion publique et ont appelé l’attention de celle-ci sur les dommages occasionnés par les pollutions volontaires au large du littoral français. Plusieurs textes législatifs et réglementaires ont sensiblement renforcé la capacité de l’État à lutter contre les rejets illicites en mer. Simultanément, l’institution judiciaire s’est spécialisée tandis que les administrations en charge de la surveillance en mer, notamment la douane et la marine nationale, ont modernisé leurs moyens. Renforcement du dispositif législatif et réglementaireAprès une première augmentation des sanctions par une loi du 30 mai 2001, la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité a aggravé les sanctions en élevant le maximum encouru à dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende pour les pollutions volontaires commises par les navires de grande taille. L’amende peut être portée à une somme équivalente à la valeur du navire ou être accrue proportionnellement à la valeur du fret ou de la cargaison. Outre celle du capitaine du navire, la responsabilité du propriétaire, de l’exploitant ou de toute autre personne exerçant un contrôle dans la gestion ou la marche du navire peut être recherchée. Par ailleurs, la loi n° 2003-346 du 15 avril 2003 relative à la création d’une zone de protection écologique et le décret n° 2004-33 du 8 janvier 2004 ont institué une zone de protection écologique en Méditerranée, permettant ainsi à l’action répressive de l’État de s’exercer au-delà de la mer territoriale. Spécialisation de l’institution judiciaireAfin d’accroître l’efficacité du traitement judiciaire des rejets polluants en mer, la loi du 3 mai 2001 et le décret n° 2002-196 du 11 février 2002 ont institué six juridictions du littoral maritime spécialisées, situées au Havre, à Brest, à Marseille, à Fort-de-France, à Saint-Denis et à Saint-Pierre-et-Miquelon. La loi du 15 avril 2003 relative à la création d’une zone de protection écologique en Méditerranée, et la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 ont accru la compétence de ces juridictions qui s’étend désormais aux pollutions involontaires commises dans les eaux territoriales et aux pollutions volontaires commises dans les eaux territoriales, en zone économique exclusive et en zone de protection écologique. La compétence ainsi conférée à ces juridictions spécialisées, qui permet aux juridictions saisies au titre des critères du droit commun de se dessaisir à leur profit à tout moment de la procédure, les conduit à assurer à présent l’essentiel du traitement judiciaire des pollutions marines. Le tribunal de grande instance de Paris reste compétent pour connaître des rejets accidentels commis en zone économique exclusive et en zone de protection écologique et de l’ensemble des infractions commises par les navires français en haute mer. La constitution au sein des juridictions spécialisées de pôles spécifiques de magistrats du siège et du parquet permet un traitement efficace du contentieux très technique des rejets polluants et le renforcement de la concertation de l’autorité judiciaire avec les services qui concourent à la surveillance de la mer (affaires maritimes, douane, marine nationale, gendarmerie) sous la coordination du préfet maritime. Mise en œuvre opérationnelle1 Amélioration des procédures de constatation et de poursuite des infractions.
2.Modernisation des moyens de surveillance.
Pour sa part, la marine nationale conduit des études afin de doter d’une capacité de télédétection (radar latéral) les avions de surveillance Falcon 50 M et d’assurer ainsi une complémentarité avec les avions de la douane. L’ensemble des informations recueillies par les aéronefs de la douane et de la marine nationale sont centralisées par les Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) qui alertent le préfet maritime et le procureur de la République. BilanS’appuyant sur ce nouveau dispositif législatif et réglementaire, le Gouvernement conduit depuis trois ans une politique active de surveillance et de répression à travers les directives adressées par le secrétariat général de la mer aux préfets maritimes et aux délégués du Gouvernement outre-mer et par le ministère de la justice aux procureurs de la République des juridictions spécialisées. En trois ans, trente cinq interceptions suivies de déroutement et d’immobilisation ont eu lieu dans les espaces maritimes sous juridiction française. Ces actions ont été majoritairement conduites sur la façade Atlantique (25), mais aussi en Méditerranée avec huit cas depuis la création de la zone de protection écologique en janvier 2004, un cas en Manche-Mer du Nord et un cas au large de l’île de La Réunion. Ces opérations se sont traduites par des cautionnements d’un montant de 11 480 000 € et un total de 9 230 000 € d’amendes prononcées. Selon les cas, les montants des amendes varient généralement entre 100 000 et 800 000 euros. Perspectives1. Élargissement de l’action dans le cadre communautaire.
2. Mise en place d’un réseau de procureurs et d’enquêteurs de la mer du nord.
3. Renforcement de la coopération en Méditerranée.
Sur le plan sous régional, une coopération est effective en matière de surveillance aérienne avec l’Italie dans le cadre du plan RAMOGEPOL, la préfecture maritime de Méditerranée informant notamment la garde-côtes italienne du plan de vol de l’aéronef POLMAR. Une coopération identique sera prochainement développée avec l’Espagne dans le cadre de l’accord sous régional LIONPLAN. 24 novembre 2010
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